| |
Deux projets de végétalisation se concrétisent dans la zone du canal
Il y a de cela quatre ans, un projet de placement de 22 nichoirs doubles pour accueillir 44 couples de Moineaux domestiques se concrétisait sur les murs de l’école primaire Saint-Roch située en bordure du parc Maximillien, et sur un petit bâtiment des espaces Verts de la Ville de Bruxelles situé dans le parc même. Ce projet était porté par Escaut sans Frontières et l’asbl Moineaux & Biodiversité, avec le soutien de la Ville de Bruxelles et de l’école Saint-Roch. Il s’agissait de palier à la destruction de nombreux bâtiments anciens de ce quartier qui abritaient, avant leur disparition, une importante colonie de moineaux qui pouvaient profiter, pour nicher, de nombreuses anfractuosités que ceux-ci offraient, cavités malheureusement bien trop rares sur les nouvelles constructions qui les ont remplacés.
S’il était important et urgent de placer ces nichoirs, il apparu assez vite que l’espace extérieur de l’école Saint-Roch manquait singulièrement d’arbustes et arbrisseaux susceptibles d’offrir une nourriture (fruits, graines, insectes,...) suffisante et variée pour les moineaux candidats à l’installation. Si le gîte est important, le couvert l’est tout autant pour espérer des nidifications. Un projet de plantation fut donc préparé par Moineaux & Biodiversité et Escaut sans Frontières, mais pour diverses raisons sa concrétisation fut maintes fois reportées. Finalement, en octobre 2025, l’asbl les Bûûmplanters, active depuis plusieurs années dans nombre de projets de plantation, répondu avec enthousiasme à notre de demande de collaboration.
Après avoir discuté ensemble du projet et l’avoir quelque peu adapté, en concertation avec la direction de l’école Saint-Roch, une équipe des Bûûmplanters est venue réaliser les plantations en mars de cette année, en impliquant et sensibilisant les élèves de trois classes. Plus de 350 arbustes et arbrisseaux divers ont pu être plantés (cornouillers, aubépines, sureaux, houx,...) en une matinée, ainsi qu’une rangée d’une vingtaine d’arbustes à petits fruits (framboisiers, cassis,...). Une longue haie vive et mélangée ceinture désormais la cour de l’école, qui, outre son rôle pour la biodiversité, bénéficiera aussi au cadre de vie des enfants. Après avoir achevé ce chantier, le même jour, les Bûûmplanters se rendirent encore en bordure du canal, au quai des Usines, pour planter, sur un petit espace vert du Pôle Nautique Solidaire, une quarantaine d’arbres et arbustes (troènes, noisetiers, saules, bourdaines, pruneliers, viornes,...).
 |
| © E. Etienne |
Terminons cet article avec quelques anecdotes sur le Moineau domestique, passereau attachant à l’histoire passionnante. Le Moineau domestique est une espèce commensale, ce qui veut dire qu’elle est étroitement liée à l’homme, que cela soit pour le gite ou le couvert. ‘Commensal’ peut d’ailleurs signifier ‘compagnon de table’, tandis que le qualificatif ‘domestique’, issu du la tin ‘domus’, renvoie à la ‘maison’, celle des hommes, que ce passereau habite généralement. Cette cohabitation débute il y a 10.000 à 12 .000 ans au Moyen-Orient, au début du néolithique, lorsque l’homme découvre et développe l’agriculture. A l’origine, les moineaux sont issus d’un ancêtre commun de cette même région. De cet ancêtre commun va se former deux groupes. L’un restera sauvage et migrateur. L’autre groupe, dont est issu le Moineau domestique, s’attachera à ces populations néolithiques, à leurs cultures, à leurs lieux de stockage de grain et à leurs maisons. Il suivra ensuite l’homme dans ses déplacements, à la conquête de l’Europe et du monde, pour devenir cosmopolite. Cette dépendance, qui s’est accentuée au fil du temps, est telle que l’on parle de ‘sédentaire obligé’ pour notre moineau.
Escaut sans Frontières, juin 2026
Escaut sans Frontières et le projet ‘canal corridor écologique’
Moineaux & Biodiversité
Bûûmplanters
En savoir plus sur le Moineau
|
|